TRANSITION FROM SAME TO DIFFERENCE AND VICE VERSA








Join, oil paint and encaustic on canvas, (1) 183 x 152 cm (2) 183 x 76,5 cm  (3) 183 x 76,5 cm, depth 6.5 cm, 
Brice Marden (1973 - 1975), Collection du Musée de Grenoble






















































01 
Portrait de Baldassare Castiglione
Raphaël 
vers 1514-1515
huile sur toile
82 x 67 cm, 
Le Louvre, Paris

02 
Portrait de Baldassare Castiglione 
Rubens, d'après Raphaël
1630, huile sur panneau
90,2 x 67,5 cm 
The Courtauld Institute, Londres


























01
Homme peignant son bateau
Georges Seurat
1883
huile sur panneau
16 x 24 cm
The Courtault Institute
Londres


02
Andy Warhol peignant la BMW M1
Art Car Projet
1979
source BMW Group









































01 
sans titre
Olivier Mosset
300 x 600 cm
1984
Galerie Suzanna Kulli
Zurich


02 
A step backwards
Olivier Mosset
300 x 600 cm
1986
M.A.C, Lyon
















01 
White Flag
Jasper Johns
1955
encaustique et huile
sur toile
198,9 x 306,7 cm
The Metropolitan
Museum of Art
New York


02
Untitled, (stars)
Olivier Mosset
2004
fiberglas, aluminium, laquer
each star 38 x 38 cm































































01
Peinture
Christoph Gossweiler
1981
244 x 912 cm
Collection privée
Paris

Plan technique du Bluebird CN7
présenté comme document

02
Bluebird CN7 K4 on Lake Eyre (1963)













01
le poêle dans l’atelier
Paul Cézanne
1865
41 x 30 cm
huile sur toile
National Gallery
Londres


02
définition / méthode 172, de pile en pile.
Claude Rutault
premier thème : une pile un mur
1989-1990
Galerie Perrotin
Paris




























































01
Flag
Jasper Johns
1954
encaustique et huile
sur toile
107,3 x 153,8 cm
The Museum
of Modern Art
New York

02
20 Janvier 1994, huile sur papier calque, 304 x 208 cm
nombre de lés : 4, largeur de chaque lé : 77 cm
chaque lé est numéroté : 1, 2, 3, 4
Peinture n°10, 1965, peinture glycéro sur toile, 240 x 170 cm
Michel Parmentier 
galerie Jean Fournier, 2007, Paris



















01 
Himmelsrichtungen 1
Blinky Palermo
1976
acrylique sur aluminium
26,7 x 21 x 0,2 cm (x4)
Museum Ludwig
Cologne

02 
Himmelsrichtungen
Blinky Palermo
1976 (37ème Biennale de Venise)
4 panneaux
acrylique, verre, acier
2009 (53 ème Biennale de Venise)
reconstitution, Pavillon International







































01
Blind Rosso Porpora Glut (Neapolitan)
Robert Rauschenberg
1987
assemblage de métal avec corde
130,2 x 193 x 38,1 cm

02
Ion XIII Fourniture Sculptures
John Armeleder
2003
acrilyque sur toile de lin
trois fauteuils Thonet
160 x 300 cm
galerie Vera Munro
Hambourg

























































01
Un bar aux folies bergères
Edward Manet
1882
96 x 130 cm
The Courtauld Institute
Londres


02
Sans titre
Olivier Mosset
1995
acrylique sur toile
184 x 122 cm
Galerie Les Filles du Calvaire
Paris










                                                                      





01
Nymphéas, reflets verts (détail)
Claude Monet
Date : 1914-1926
huile sur toile
200 × 850 cm
Dispositif : Ensemble sur les murs des deux salles
1re Salle : Le Bassin aux nymphéas sans saules (10 panneaux)
2e Salle : Le Bassin aux nymphéas avec saules (12 panneaux)
Musée de l'Orangerie, Jardins des Tuileries, Paris



02
Nymphéas-Post-Déluge (détail)
Noel Dolla ©
Date : 2019
Installation media mixe
dimensions variables
bassin des Tuileries
Jardins des Tuileries, Paris

 

























01
Work on paper (page)
Blinky Palermo
1976
acrylic on drawing paper mounted on cardboard
29.9 x 21 cm

02
Projektion
Blinky Palermo
1971
offset lithograph in colors, on cardboard
with full margins, with the original paper folder
40 × 40 cm

 





























































01
The Large Glass
Marcel Duchamp
1915-1923
Oil, varnish, lead foil, lead wire, and dust on two glass panels
277.5 cm × 175.9 cm
Philadelphia Art Museum
(1954)

02
Gold Music Blood Excitement
John M. Armleder
glass panels
variable sizes






Dasein / Nichtsein / Objekt

  











"Tout ce qui concerne la créativité est invisible, est substance purement spirituelle. Et ce travail, avec cet invisible, voilà ce que j'appelle la "sculpture sociale". Ce travail avec l'invisible est mon domaine. D'abord, il n'y a rien à voir. Ensuite, lorsqu'il s'incarne, il paraît d'abord sous forme de langage." Joseph Beuys




Appendice
Spatialisation
Temporalité
Apparence
Peinture
Pictural
Nominal

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1) APPENDICE, subst. masc. A.− Partie qui semble ajoutée à une autre plus grande dont elle constitue le prolongement, le complément ou l'accessoire. B.− Spécialement :1. SC. NAT., ANAT. HUM. et ANIMALE. Partie adhérente ou continue d'un organe, auquel elle semble surajoutée.

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2) SPATIALISATION, subst. fém.

* Dans l'article "SPATIALISER,, verbe"

A. −

1. Donner un caractère spatial à quelque chose. Je suis tenté d'objectiver, de spatialiser complètement le caractère de seconde nature acquis par le geste ou le savoir: je chercherai alors quelles « traces » matérielles l'exercice de l'action et de la pensée laissent dans le cerveau ou peut-être dans les organes périphériques (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 278).La métaphysique la plus profonde s'est ainsi enracinée dans une géométrie implicite, dans une géométrie qui − qu'on le veuille ou non − spatialise la pensée (Bachelard, Poét. espace,1957, p. 191).

− Empl. pronom. Plus la conscience s'intellectualise, plus la matière se spatialise. C'est dire que la philosophie évolutionniste, quand elle se représente, dans l'espace, une matière découpée selon les lignes mêmes que suivra notre action, se donne par avance, toute faite, l'intelligence qu'elle prétendait engendrer (Bergson, Évol. créatr.,1907, p. 190).

2. Situer dans l'espace. Spatialiser la musique. La sociologie de l'art ne doit pas être considérée comme une science statique ne saisissant que des ensembles formés d'éléments déjà spatialisés. On ne doit jamais perdre de vue que l'introduction d'une nouvelle dimension, d'une nouvelle inconnue, dans un problème, change la valeur et le rapport de toutes les autres dimensions, même si elles demeurent en apparence inchangées (Traité sociol.,1968, p. 295).

− Part. passé en empl. adj. Espace spatialisé (p. oppos. à espace spatialisant (infra rem.)). Je ressaisis l'espace à sa source, je pense actuellement les relations qui sont sous ce mot et je m'aperçois alors qu'elles ne vivent que par un sujet qui les décrive et qui les porte, je passe de l'espace spatialisé à l'espace spatialisant (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 282).

♦ [En parlant d'une pers.] Le regard d'autrui me confère la spatialité. Se saisir comme regardé, c'est se saisir comme spatialisant-spatialisé (Sartre, Etre et Néant,1943, p. 325).

REM.

Spatialisant, -ante, part. prés. en empl. adj.Qui spatialise, qui situe dans l'espace. a) [En parlant d'une pers.] L'être spatialisant est le Pour-soi, en tant que co-présent au tout et au ceci; l'espace n'est pas le monde, mais c'est l'instabilité du monde saisi comme totalité, en tant qu'il peut toujours se désagréger en multiplicité externe (Sartre, Etre et Néant,1943p. 233).b) [En parlant d'un inanimé] Espace spatialisant (p. oppos. à espace spatialisé). V. supra A 2 ex. de Merleau-Ponty.

Prononc.: [spasjalize], (il) spatialise [-li:z]. Étymol. et Hist. a) 1907 temps spatialisé (Bergson, op. cit., p. 214); b) 1971 « lancer et maintenir dans l'espace un engin spatial » (Pinder-Rouss.). Dér. de spatial*; suff. -iser*.

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3) TEMPORALITÉ, subst. fém.

B. − [P. réf. à temps]

1. Caractère de ce qui est dans le temps, de ce qui appartient au temps. Anton. éternité. La temporalité est sans doute la mesure de notre distance à Dieu; et l'on ne voit pas qu'elle puisse complètement s'évanouir sans que nous cessions d'être humains (Lacroix, Marxisme, existent., personn., 1949, p. 119).

− PHILOS. [Dans la phénoménol. et dans l'existent. contemp.] Conscience du temps. Selon le caractère de notre activité (jeu, travail) la temporalité peut ne pas être la même pour un intervalle de temps identique (Julia1980).

♦ [Chez Husserl] Caractère de toute activité spirituelle. Constitué et constituant, empruntant son nom au constitué, renvoyant vers une origine radicale de la constitution, le temps retient les prédicats contradictoires de l'éternité et du devenir, prédicats que la subjectivité transcendantale qui est temps ou mieux, temporalité constituante, assume aussi nécessairement (Hist. de la philos., t. 3, 1974, p. 544 [Encyclop. de la Pléiade]).

♦ [Chez Heidegger] ,,Essence de notre être, voué à la finitude dont l'existence est d'être-pour-la-mort et le souci de cette finitude la pensée dominante`` (Morf. Philos. 1980).

♦ [Chez Sartre] ,,Mouvement qui fait basculer l'avenir dans le passé pour aboutir au moment où il n'y a plus d'avenir, la mort`` (Foulq.-St-Jean 1969). La temporalité n'est pas un temps universel contenant tous les êtres et en particulier les réalités humaines (Sartre, Être et Néant, 1943, p. 188).

♦ [Chez Merleau-Ponty] ,,Essence du moi, de l'être-là (Dasein) qui consiste en ce que la conscience de nous-même ne fait qu'un avec l'expérience interne du temps`` (Morf. Philos. 1980). Je ne suis pas une série d'actes psychiques, ni d'ailleurs un je central qui les rassemble dans une unité synthétique, mais une seule expérience inséparable d'elle-même, une seule « cohésion de vie », une seule temporalité qui s'explicite à partir de sa naissance et la confirme dans chaque présent (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception, 1945, p. 466).

2. LING. Expression du temps, valeur temporelle d'un mot, d'une désinence. Dès lors qu'ils sont enregistrés et énoncés dans une expression temporelle historique, ils se trouvent caractérisés comme passés. L'intention historique constitue bien une des grandes fonctions de la langue: elle y imprime sa temporalité spécifique (E. Benveniste, Problèmes de ling. gén., Paris, Gallimard, 1966, p. 239).V. temporalisation dér. s.v. temporaliser ex. de Greimas-Courtés 1979.

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4) APPARENCE, subst. fém.

Aspect ou façon d'apparaître; p. ext., gén. au plur. Ce qui apparaît.

A.− Manière dont quelque chose apparaît, se manifeste.

1. Manière dont quelqu'un ou quelque chose se manifeste aux sens. Synon. aspect, physionomie.

− En partic., PHILOS. et RELIG. Aspect sensible de quelque chose, en ce qu'il s'oppose à son essence ou à sa substance. Synon. phénomène(cf. Foulq.-St-Jean 1962) :

6. − L'âme, disait-il, est la substance; le corps, l'apparence. Les mots l'expriment d'eux-mêmes : l'apparence est ce qui se voit, et qui dit substance dit chose cachée. A. France, Le Petit Pierre,1918, p. 9.

7. Si le réel se réduit en effet à l'apparence sensible, comme elle est en perpétuelle contradiction avec elle-même, aucune certitude de quelque ordre que ce soit ne demeure possible. Gilson, L'Esprit de la philos. médiév.,t. 2, 1932, p. 24.

Rem. Chez les trad. de Kant., apparence s'oppose à apparence empirique, logique, transcendantale.

♦ Apparences dans l'Eucharistie. ,,Ce qui reste et paraît extérieurement dans l'hostie consacrée, ce qui en frappe les sens, tels la couleur, la forme, le goût du pain et du vin, alors que ce n'est plus la substance du pain et du vin, mais le corps et le sang de J.-C.`` (Marcel 1938) :

9. Si, contre toute apparence, il ne lui avait pas été possible de se procurer des rafraîchissemens, de l'eau et du bois, sur les terres qu'il aura visitées depuis son départ des îles des Amis, (...) il relâcherait à l'île du Prince, ... Voyage de La Pérouse,t. 1, 1797, p. 21.

10. ... Albert poussa son cheval vers un mélancolique assemblage de pierres grises et usées, façonnées par la main de l'homme, et qui se révéla à son approche être selon toute apparence un cimetière depuis longtemps abandonné. Gracq, Au Château d'Argol,1938, p. 48.

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5) PEINTURE, subst. fém.
    PEINTURER, verbe trans.

A. − Matière colorante composée d'un pigment et d'un liant, utilisée pour recouvrir une surface, pour la protéger ou l'orner. Boîte, pot, tube de peinture; attention à la peinture. Les parois sont ornées de sculptures d'une extrême finesse couvertes d'une couche légère de peinture quelquefois disparue sous le limon dont les premiers chrétiens avaient barbouillé les murailles (Du Camp, Nil,1854, p.129).Alban sursauta. Sur sa manche, la peinture fraîche de la barrière avait fait une large tache rouge (Montherl., Bestiaires,1926, p.521).Philippe déposait sur un bahut sa palette éclatante. L'odeur grasse de la peinture flottait dans la pièce comme un encens (Duhamel, Suzanne,1941, p.232).

♦ [Suivi d'un adj. ou d'un nom en appos. indiquant la qualité ou les propriétés de la peinture] Peinture brillante, mate; peinture émail, peinture laque, peinture laquée; peinture lumineuse, phosphorescente; peinture antiseptique, antirouille.
Peinture anti-parasite, antisalissante ou, p.empr. à l'angl., antifouling. Peinture corrosive que l'on emploie comme couche de surface pour les carènes et qui a pour but de gêner le développement des coquillages et de la végétation sur les tôles (d'apr. Gruss 1952, 1978). Avec les carènes métalliques (...) on fait usage de deux peintures: une première peinture antirouille et une seconde peinture, dite antifouling, devant s'opposer à l'adhérence de la flore et de la faune sous-marines (Coffignier, Coul. et peint.,1924, p.695).
♦ [Suivi d'un compl. ou d'un adj. désignant le liant ou le pigment spécifique] Peintures aux résines; peintures acryliques, vinyliques; peinture au minium, au plomb, au zinc.
Peinture à l'huile. V. huile I A 2 a.
Peinture à la colle, peinture en détrempe ou à la détrempe. ,,Peinture dont le liant en dissolution dans l'eau est constitué par une colle`` (Barb.-Cad. 1963).
♦ Peinture à l'eau. Peinture dans laquelle l'eau intervient comme solvant. Les peintures à l'eau prêtes à l'emploi sont des peintures en émulsion (Delorme1962).
− P. anal. Fard, maquillage (du visage); vernis (à ongles); teinture (des cheveux, de la barbe). Il y avait ensuite le blanc, le kohl, la poudre de riz, les opiats, les pattes de lièvre, tout l'attirail de la peinture dramatique (A. Daudet, Pt Chose,1868, p.295).Ses cheveux [de Gwynplaine] avaient été teints couleur d'ocre une fois pour toutes (...). Gwynplaine avait les cheveux jaunes. Cette peinture des cheveux, apparemment corrosive, les avait laissés laineux et bourrus au toucher (Hugo, Homme qui rit,t.2, 1869, p.61).Elle se parfumait, se mettait de la peinture sur les ongles, du rouge sur les lèvres (Queneau, Pierrot,1942, p.27).
♦ Pop. Un (vrai) pot de peinture. Visage trop maquillé (Ds Rey-Chantr. Expr. 1979).
B. − Couche de peinture recouvrant une surface, un objet; surface peinte. Refaire les peintures. L'appartement du docteur n'avait pas été changé depuis quarante ans. Les peintures, les papiers, la décoration, tout y sentait l'Empire (Balzac, Cous. Pons,1847, p.161).Celui qui imagina de coller une toile sur le panneau, pour que la peinture ne se fendît pas avec le bois, passa pour un homme merveilleux (A. France, Lys rouge,1894, p.136):
1. Devant les portes des chambres, dans les corridors, les tentures pendaient en loques, et partout la peinture des boiseries s'écaillait au long des fentes, se noircissait à l'endroit où les mains touchent les portes, où le balai heurte les plinthes. Adam, Enf. Aust.,1902, p.104.
II. − Action de peindre.
A. − Action de recouvrir (une surface, un objet) d'une matière colorante. Peinture en bâtiment; entreprise de peinture; peinture au pinceau, au rouleau. Pour la réparation des voitures, [un atelier complet] comprend (...) un atelier de peinture (Bricka, Cours ch. de fer,t.2, 1894, p.121).L'aérographe (...) dont la technique est celle de la peinture industrielle au pistolet (Arts et litt.,1935, p.30-19):
2. ... en dépit de ses hôtes, qui le traitaient en convalescent, ou, par délicatesse afin de marquer leur confiance, qui le dirigeaient sur les besognes aristocratiques du chantier, le nettoyage des trumeaux ou la peinture des rechampis, il n'était pas à l'aise. Giraudoux, Bella,1926, p.159.

B. − BEAUX-ARTS
1. Au sing.
a) Art de peindre; moyen d'expression qui, par le jeu des couleurs et des formes sur une surface, tend à traduire la vision personnelle de l'artiste. Faire de la peinture; aimer la peinture; école de peinture. La sculpture, ainsi, le plus matériel des arts, aura créé l'intelligence qui, aboutissant à la peinture, recréera, par elle, la sensualité. Et la peinture, par la sensualité, ramènera au sentiment mystique que le rationalisme atomique avait détruit (Faure, Espr. formes,1927, p.178).La peinture n'explique pas: elle se borne à être et à montrer ce qu'elle est; à nous de l'éprouver par sa vertu de contagion (Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p.245):
3. ... la peinture n'est pas le dessin. La peinture est de la couleur et dans son triomphe, je ne la vois que dans les pays de brouillard froids et chauds, dans les pays où un certain prismatique monte de l'eau dans l'air, en Hollande ou à Venise. Elle ne m'apparaît pas dans le clair éther de la Grèce, pas plus que dans le bleu clair de l'Ombrie. Goncourt, Journal,1867, p.336.
− [Suivi d'un adj. ou d'un compl.] Technique, procédé, pratique d'un genre de l'art pictural (défini par l'emploi de tel support, de telle matière, par la mise en oeuvre de certains sujets, de certaines conceptions). Molière établit, en termes magnifiques, la distinction de la peinture à l'huile et de la fresque: cette différence n'est autre que celle qui sépare La Bruyère, peintre de chevalet et à l'huile, de lui Molière, peintre à fresque (Sainte-Beuve, Port-Royal,t.3, 1848, p.227).Nos auteurs tragiques, de même que les peintres médiocres qui s'attardent à la peinture d'histoire, placent tout l'intérêt de leurs oeuvres dans la violence de l'anecdote qu'ils reproduisent (Maeterl., Trésor des humbles,1896, p.165):
4. Pour avoir préconisé non pas un art d'imitation, mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création et jusqu'à l'effusion pure, ainsi que le dit magnifiquement Apollinaire, le cubisme préparait, par son esprit, par ses recherches, par ses aspirations, les voies à la peinture abstraite, ces voies qu'il paraissait lui clore par ses réalisations. Mais ces réalisations, à les mieux regarder, ne nous apparaîtront-elles pas comme capables d'engendrer, elles aussi, cette peinture abstraite? Dorival, Peintres XXes.,1957, p.119.
SYNT. Peinture murale, monumentale; peintures rupestres; peinture sur bois, sur émail, sur porcelaine, sur verre, sur toile; peinture à l'aquarelle, à la gouache, au lavis; peinture de portrait, de genre; peinture abstraite, figurative, non figurative, réaliste, décorative.
♦ [Au Moy. Âge] Plate peinture. Peinture exécutée sur une surface plane (par opposition à la peinture appliquée sur ronde bosse). On dirait que ces figures sont de relief, mais ce n'est que plate peinture (Ac.1798-1878).En passant sous le portail, vous m'expliquerez aussi ce que veut dire le jardinier de plate peinture qu'on voit en entrant dans l'église (Hugo, N.-D. Paris,1832, p.322).
b) Au sing. à valeur de coll. Ensemble d'oeuvres picturales. Commençons par visiter ce que mes contemporains ont pris l'habitude d'appeler la peinture d'histoire (Huysmans, Art mod.,1883, p.15).Le Charles Ierde Van Dyck est le père de toute la peinture anglaise du siècle suivant, de Lawrence et Reynolds, de Hoppner et Raeburn, et du chef-d'oeuvre de cette peinture: le portrait de Mrs. Siddons, par Gainsborough (Morand, Londres,1933, p.232):
5. Rembrandt ne semble-t-il pas dire, avec sa peinture, ce qu'exprimait saint Jean de la Croix: «Nous ne sommes pas ici-bas pour voir, mais pour ne pas voir»? Entendons bien: Pour ne pas voir ce qui retient indûment les regards qui ne cherchent rien. Huyghe, Dialog. avec visible,1955p.304.
SYNT. Vendre sa peinture, vivre de sa peinture; exposition, galerie de peinture; la peinture classique, romantique, impressionniste; la peinture française au XVIIIes. V. aussi syntagmes supra B 1 a en partic.
2. Au sing. et au plur.
a) OEuvre picturale. Une bonne, une mauvaise peinture; une peinture à fresque. Je n'ai remarqué qu'une toile qui soit la peinture d'un vrai peintre, je n'ai remarqué que le tableau de l'Américain Orchardson, ayant pour titre l'Énigme (Goncourt, Journal,1894, p.590).Parmi les peintures représentant ce jeu [les osselets], il en est une célèbre au Musée de Naples: c'est une peinture monochrome sur marbre, signée Alexandre d'Athènes (D'Allemagne, Récr. et passe-temps,1904, p.75).Au centre du panneau, attirant le regard comme une présence, était accroché un portrait de Jacques, grandeur nature: une peinture à l'huile, de facture moderne (Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p.834):
6. ... le premier effet d'une belle peinture est une contemplation aussi riche que l'on voudra, qui occupe et ramène toute l'âme, par une variété sans fin, mais réduite aussitôt à cette forme colorée qui suffit à tout porter; dont la première cause, qui marque aussi l'opposition profonde entre la peinture et le dessin, est que la ligne évoque des formes, au lieu que la couleur évoque des sentiments. Alain, Beaux-arts,1920, p.262.
− La peinture de qqn. Son portrait peint. Ce sont les traits vivants, c'est [un médaillon] la peinture parlante de l'auguste reine des îles d'Orient! (Nodier, Fée Miettes,1831, p.130).
♦ Loc. En peinture
α) En portrait, en effigie. Je t'ai sur mon coeur placée en peinture, Quand je suis parti. Il m'a préservé de toute blessure, Ce portrait chéri! (Meilhac, Halévy, Gde duchesse de Gérolstein,1867, ii, 1, p.232).
P. anal., région. (Canada). ,,Tout craché, tout recopié`` (Rogers 1977). Ah! Émilie, moé j'ai pour mon dire qu'on est le portrait de nos pères, Gaston, c'est un Tite-Masse en peinture (Trudel, Vézine,1946, p.68 ds Rogers 1977).
Fam. Ne (pas/plus) pouvoir voir qqn en peinture. Ne (pas/plus) pouvoir le supporter; le détester. Elle ne peut pas le voir en peinture. Elle a tort, c'est un garçon très riche (Dumas fils, Dame Camélias,1848, p.78).Il me prenait en grippe. Il pouvait plus me voir en peinture (Céline, Mort à crédit,1936, p.166).
β) Vx ou littér., loc. adv. ou adj. (D'une manière) qui manque de réalité, de consistance; (qui n'existe qu') en apparence. Louis XVI s'est peut-être arrêté au Grand Monarque, et s'est vu là peint en enseigne, roi en peinture lui-même. −Pauvre «grand monarque»! (Hugo, Rhin,1842, p.26).Chacun a sa vocation en ce monde: la mienne n'est pas, malheureusement, pour les mariages en peinture (Feuillet, Scènes et com.,1854, p.262).Ce n'est pas un homme qui lève le doigt au milieu de cette pauvre enluminure, C'est Dieu qui pour notre salut n'a pas souffert seulement en peinture (Claudel, Corona Benignitatis,1915, p.474).
b) P. anal. Représentation matérielle, naturelle ou artificielle; image de quelque chose. Si la peinture fidèle de la forme de l'objet sur la rétine explique le secret de la perception de cette forme, il faut que cette peinture, que cette image aille de la rétine au nerf optique, du nerf optique au cerveau (Cousin, Hist. philos. XVIIIes.,t.2, 1829, p.338).Nous commençons à comprendre (...) comment l'écriture, qui ne consistait d'abord qu'en signes naturels, (...) a tendu de plus en plus à devenir un signe indirect, une simple peinture conventionnelle du langage parlé (Cournot, Fond. connaiss.,1851, p.318).

C. − Au fig. Fait de représenter quelque chose par le langage, la musique (ou tout moyen d'expression autre que la peinture); description, évocation se voulant exacte, vive et frappante. On le voit, le drame tient de la tragédie par la peinture des passions, et de la comédie par la peinture des caractères (Hugo, Ruy Blas,1838, préf., p.330).La peinture très intéressante que vous me faites de votre diète ne m'a pas surpris. J'imaginais les choses à peu près telles que vous me les dépeignez (Tocqueville, Corresp.[avec Gobineau], 1854, p.217).Moussorgski est trop profondément russe pour concevoir une Carthaginoise qui ne fût pas moscovite, et, comme le dit R. Hofmann, «toute peinture musicale est forcément subjective» (Dumesnil, Hist. théâtre lyr.,1953, p.176):
7. J'ai dû comprendre qu'on appelle souvent peinture objective une représentation superficielle; mais, pour une peinture profonde, c'est en soi que le poète expérimente ce qui fera l'objet de son tableau. Gide, Journal,1930, p.984.
SYNT. Peinture morale, sociale; peinture de l'homme, du coeur humain, des sentiments, de l'amour, du bonheur; peinture des moeurs, de la société, de la vie; peinture exacte, fidèle, vraie; peinture cruelle; peinture complaisante, fausse, romanesque.
Prononc. et Orth.: [pε ̃ty:ʀ]. Att. ds Ac. dep.1694. Étymol. et Hist.1. 1121-34 «description, évocation imagée faite à l'aide de mots» (Philippe de Thaon, Bestiaire, 2802 ds T.-L.); 2. a) ca 1140 «représentation graphique et colorée destinée à suggérer quelque chose; tableau» (Voyage de Charlemagne, éd. G. Favati, 345: Li paleis fu listez d(e) azur, et ave(r)nanz Par [mult] cheres peintures a bestes et (a) serpenz, A tutes creatures et oiseäus volanz); b) ca 1200 fig. «ce qui est gravé, fixé dans l'esprit, le coeur» (Moralités sur Job, 327, 33 ds T.-L.: eles gardent en soi la pointure de cez [temporeiz] choses cui eles aiment [servant depicta quae amant]); 3. ca 1165 «suggestion, représentation du monde visible par la couleur» (Benoît de Ste-Maure, Troie, 22416, ibid.); 1554 en plate peincture (Thevet, Cosmogr., IV, 2 ds Hug.); s.d. [av. 1615] en peinture plate ou en bosse (Pasquier, Lettres, XI ds OEuvres, éd. Amsterdam, 1723, t.2, col. 296); 4. a) fin xiiies. «souillure laissée par le fer d'une arme dans une blessure [par comparaison avec un enduit utilisé pour peindre]» (Sone de Nansai, 13472 ds T.-L.); b) 1671 «matière colorante servant à peindre» (Pomey); c) 1688 «fard» (La Bruyère, Caractères, Des femmes, 6 ds OEuvres, éd. J. Benda, p.109). Du lat. vulg. *pinctura, réfection d'après le verbe pingere, v. peindre, du class. pictura «l'art de peindre; ouvrage peint, tableau; action de farder, enluminure; [fig.] description, tableau [par la parole, l'écrit]». Fréq. abs. littér.: 4588. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 5601, b) 6168; xxes.: a) 6813, b) 7330.

DÉR.
Peinturier, -ière, subst. masc. et adj.,fam. a) Subst. masc. Mauvais peintre. Ce portrait [d'Albert Wolff par Bastien Lepage] eut un succès de terreur au salon de 1880. La brutale autant que précieuse médiocrité du peinturier avait trouvé là sa formule (Bloy, Désesp.,1886, p.324).b) Adj. Qui appartient aux peintres. Raphaël, au mépris de l'Évangile, qui n'en dit pas un seul mot, a tenu à faire planer ses trois personnages lumineux, obéissant à une peinturière tradition d'extase infiniment déplacée dans la circonstance (Bloy, Femme pauvre,1897, p.75).− [pε ̃tyʀje], fém. [-jε:ʀ]. − 1resattest. a) subst. fin xiiies. [ms.] masc. peinturier «peintre» (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 22411, var. ms. K), très rare; encore relevé au xvies. (Gdf.), puis en 1897 au sens de «barbouilleur» (Bloy, Femme pauvre, p.273); ca 1265 fém. peinturiere fig. (Brunet Latin, Trésor, éd. Fr. J. Carmody, III, X, 23, p.327), ex. isolé; b) adj. 1897 (Bloy, op. cit., p.142); de peinture, suff. -ier*.
BBG. −Quem. DDL t.15, 17.

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6) PICTURAL, -ALE, -AUX, adj.
    PICTURAL, adjectif

A. − [Adj. de relation] De (la) peinture; qui est propre à la peinture (v. ce mot II B). Expression, oeuvre, création picturale; connaissances, études picturales; le romantisme, l'impressionnisme pictural. Mieux que par l'imitation, chère aux profanes, l'essentiel de l'art pictural est constitué par la répartition et l'organisation des éléments constitutifs: mesures, directions, ornements, lumières, valeurs, couleurs et matières (Arts et litt., 1935, p.30-6).
− [Appliqué à une pers. ou un groupe de pers.] Qui traite, s'occupe de peinture. La critique picturale. Un aimable bavard ayant vécu dans tous les mondes, le monde politique, le monde littéraire, le monde pictural (Goncourt, Journal, 1892, p.190).

B. − [Adj. de caractérisation]
− Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Ensemble des éléments qui forment l'essence de l'art de peindre et le distinguent des autres formes d'art. Dans un tableau, le sujet devrait passer inaperçu, comme le style dans un roman. Un sujet pittoresque se démode; seul le pictural ne se démode pas. Le pictural des maîtres inspire leur pittoresque: un chapeau melon de Degas n'est jamais ridicule... Il atteint au style par le pictural (Arts et litt., 1935, p.84-7).La couleur est la quintessence du pictural comme la forme l'est de la plastique (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p.207).
2. [En parlant d'un objet naturel ou d'une création ne relevant pas de la peinture] Qui est conçu comme une peinture; qui évoque la peinture par son harmonie et sa couleur, par l'art de la composition ou de la description. La chambre purement esthétique des soirs picturaux (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p.926).Le sens d'une perspective obtenue exactement de la même manière que dans un tableau de maître. Tout le côté pictural, très important chez Hofmannsthal «La poésie crée le monde des rapports» (Du Bos, Journal, 1927, p.175).Employés en soli, et accompagnés, souvent par des timbres de nature différente, ses flûtes [d'un groupe d'instruments de l'orchestre], hautbois, cor anglais, bassons apporteront leur note picturale bien personnelle et constitueront une source de grande variété dans le coloris orchestral (Arts et litt., 1935, p.38-11).
3. [En parlant d'une pers.] Qui a le goût, le sens de la peinture. L'être qui n'est pas né pictural ne sentira ce rien indescriptible qui fait la valeur d'une peinture, pas plus qu'un être qui n'est pas né musical ne sentira ce rien de l'instrumentation ou du chant (Goncourt, Journal, 1894, p.652).L'écrivain qui se veut pictural est tenu au contraire d'exagérer même le caractère de fixité qu'a le tableau: la fixité fait ici contre-poids, et c'est ce qu'ont admirablement compris Théophile Gautier et, après lui, Flaubert (Du Bos, Journal, 1922, p.89).

REM. 1.
Picturalement, adv.Du point de vue pictural. Picturalement, il [Manet] eut les dons qui font la gloire des maîtres (Mauclair, Maîtres impressionn., 1923, p.57).Il m'invitait à des excursions sur des continents qu'il m'engageait à explorer picturalement (Blanche, Modèles, 1928, p.50).
2. Picturalisation, subst. fém.,hapax. Action de rendre pictural, de donner à quelque chose les caractères propres à la peinture. Les esquisses les plus impérieuses de Delacroix étaient encore des dramatisations; ce que Manet entreprend dans certaines toiles est une picturalisation du monde (Malraux, Voix sil., 1951, p.115).
3. Picturisme, subst. masc. hapax.Tendance exagérée à imiter l'art du peintre, à «faire du pittoresque». Ne retrouvez-vous pas chez nos symbolistes une heureuse tendance à fuir les formalismes desséchants du second état −le picturisme parnassien (Bremond, Poés. pure, 1926, p.144).
Prononc. et Orth.: [piktyʀal]. Plur. masc. [-o]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1. 1845 [éd.] «qui a rapport à la peinture» (F. Wey, Rem. sur la langue fr., t.1, p.409: architectural manque à la gloire du dictionnaire, aussi bien que sculptural et pictural); 2. 1870 «qui présente les qualités requises pour inspirer en peinture» (Goncourt, op. cit., p.583). Dér. du lat. pictura, v. peinture; suff. -al*. Fréq. abs. littér.: 176. Bbg. Quem. DDL t.10 (s.v picturisme).
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Picturalité - Nom commun

Étymologie de « picturalité »
Dérivé du radical "pictural", avec le suffixe -ité.

-ITÉ, élément formant
Suff. formateur de très nombreux subst. fém. de l'inanimé, indiquant une qualité dér. d'une base adj.

Rem. Le suff. ne s'applique qu'except. à une base nom. V. bouddhéité.
Morphol. Les principales modifications de la base sont entraînées par: 1. une dér. sav. à partir du modèle lat. de l'adj.
Prononc. et Orth.: [-ite], en -itas (adversitas > adversité, civilitas > civilité, dignitas > dignité, suavitas > suavité). De nombreux mots fr. proviennent de mots lat. ainsi formés (v. aussi affabilité, animosité, aridité, calamité, civilité, humilité, etc.).

Définition et usage
- caractère de ce qui est pictural, de ce qui peut être représenté par la peinture.


DIEBENKORN RICHARD (1922-1993)
Éric de CHASSEY
Il tentait alors de réconcilier deux modes picturaux souvent antinomiques en combinant une volonté de prosaïsme qui s'exprimait dans le choix de sujets typiquement américains avec un désir de picturalité pure, picturalité qu'il avait découverte dans l'abstraction. À partir de 1956, il fut l'un des seuls artistes californiens à bénéficier d'expositions régulières à New York, et sa renommée ne cessa de grandir.

BAUDOT ANATOLE DE (1834-1915)
Françoise BOUDON
Baudot recherche une certaine économie architectonique en disciple de Viollet-le-Duc ; mais, s'il réduit le rôle de l'ornement qui occupe une place excessive dans les œuvres de ses contemporains, c'est par une intégration structurale qui disparaîtra de la pure picturalité du cubisme. De 1880 à 1910, Baudot a occupé une position clé dans le monde de la construction et de la restauration des monuments historiques.

WARHOL ANDY (1928-1987)
Bernard MARCADÉ
S'il n'abandonne pas ses sujets de prédilection, son intérêt pour la « picturalité » s'affirme dorénavant avec ostentation, que ce soit par l'utilisation de procédés inusités (Oxidation Painting, Shadows, 1978), de techniques diverses (Rorschach Series, 1984, Camouflage, 1986), ou plus simplement par le recours à des sujets empruntés à la peinture classique (Skulls, 1976 ; The Last Supper, 1986).

ANGELICO FRA (1400 env.-1455)
Georges DIDI-HUBERMAN
Et dans cet espace méditatif – cloître, salle capitulaire, corridors, cellules de la clausura – Fra Angelico réalisera, avec l'aide de ses disciples, l'un des plus beaux cycles de fresques de toute l'histoire de l'art : cycle que l'on pourrait nommer un cycle de l'incarnation, où l'allégorie théologique dépasse toute pédagogie, se fait matière colorée, atteint les sommets de la picturalité comme telle.

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7) NOMINAL, -ALE, -AUX, adj.
    NOMINAL, adjectif

I. − [Correspond à nom I]
A. −
1. Qui concerne un (les) nom(s). Erreur nominale. (Dict. xixeet xxes.). Il n'y a (...) qu'une ressemblance nominale entre l'empirisme et la méthode expérimentale (Hamelin,Élém. princ. représ., 1907, p.9).
♦ Définition nominale (log.). ,,Définition qui porte sur les mots, la signification des termes, et qui énonce une équivalence entre des termes`` (Thinès-Lemp. 1975). Les définitions nominales permettent seulement de désigner un objet par ses caractères, de distinguer un objet des autres. Elles sont traditionnellement opposées aux définitions réelles, qui portent sur la nature, sur la réalité objectives des choses elles-mêmes (Thinès-Lemp. 1975):
1. ... des races susceptibles de s'unir pour la génération et de donner des produits eux-mêmes féconds appartiennent à une seule et même espèce (...). Si (...) nous voulons prendre l'énoncé qui précède pour une définition nominale de l'espèce, il n'y a rien à dire, mais il reste à démontrer qu'une espèce, en ce sens, a dû nécessairement provenir d'un seul premier couple; et alors cela est contesté. Renouvier,Essais crit. gén., 3eessai, 1864, p.196.
♦ Aphasie nominale (pathol.). ,,Inaptitude à nommer des objets familiers`` (Encyclop. Sc. Techn. t.7 1972, p.266).
♦ Échelle nominale (psychol.). Synon. de catégorisation (d'apr. Piéron 1973).
2. PHILOS. (nominalisme). Qui est de la nature du nom. Locke déclare expressément que ce qu'on appelle général et universel est un ouvrage de l'entendement, et que l'essence réelle n'est pas autre chose que l'essence nominale (Cousin,Hist. philos. XVIIIes., t.2, 1829, p.305).
− Emploi subst. masc. plur. Synon. vieilli de nominalistes.Fatigué des disputes des nominaux et des réalistes (...) [Louis XI] fit enchaîner et enclouer dans les bibliothèques les gros ouvrages des premiers, à fin qu'on ne les pût lire (Chateaubr.,Ét. hist., 1831, p.222).V. abstrait ex. 12, conceptualisme A ex. de Ozanam.

B. − En partic. Qui concerne un nom en tant que représentant la personne (ou la chose) désignée.
1. Appel nominal. V. appel A 3.
2. Synon. de nominatif2(v. ce mot A).
a) Qui porte le nom de quelqu'un; qui est destiné à, qui est la propriété de la personne nommée. Kean: Vous avez reçu l'ordre de m'arrêter, mais non pas d'arrêter les personnes qui se trouveraient chez moi, n'est-ce pas? Le constable: L'ordre est nominal et pour vous seul (Dumas père, Kean, 1836, v, 8, p.207).Des invitations toutes nominales furent envoyées pour l'unique représentation (Péladan,Vice supr., 1884, p.160).Tu me dois toujours mille quatre cent quatre-vingt francs et des centimes, ta part du second emprunt, fait il y a huit ans sur mon titre nominal (Duhamel,Désert Bièvres, 1937, p.80).
b) Qui comporte des noms; qui désigne par son nom chacun des membres d'un groupe, des éléments d'un ensemble. La dernière cloison qui limite cette enfilade de salles est couverte de la liste nominale des électeurs de l'Oise (Gozlan,Notaire, 1836, p.141).Les unités (...) devront fournir pour ce soir au Q. G. de Sa Majesté un état nominal des barons possédant le brevet de héraldiste (Maurois,Silences Bramble, 1918, p.252).

C. − P. ext.
1. (Qui n'existe que) de nom. Anton. réel.Acquéreur, chef nominal; patronage, pouvoir nominal; présidence nominale; existence nominale. Le stage des magistrats de l'ordre judiciaire consiste seulement dans l'exercice nominal ou réel de la profession d'avocat (Vivien,Ét. admin., 1859, p.193).Sans être pieuse, elle n'avait jamais renoncé au catholicisme tout au moins nominal, et nous la conduisîmes d'abord à l'église de sa paroisse. (...) ce fut moi qui insistai pour qu'une messe fût dite sur sa dépouille (Green,Autre sommeil, 1931, p.167):
2. Toussaint, qui (...) s'appliquait à restaurer la production en soumettant les noirs au travail forcé, ne rompit pas avec le Directoire; la métropole, néanmoins, ne conservait plus qu'une autorité nominale. Lefebvre,Révol. fr., 1963, p.512.
2. Spécialement
a) ÉCON. Qui est exprimé dans une unité monétaire courante, qui ne tient pas compte des variations de la valeur réelle. Barême, budget, capital, gain, revenu nominal; ressources nominales; accroissement nominal; hausse, diminution nominale; monnaie, somme, unité nominale. Les variations du prix nominal des choses donnent assez fidèlement la mesure des variations de leur prix en argent (Say,Écon. pol., 1832, p.341).Le salaire nominal est égal au salaire réel divisé par l'indice du coût de la vie (Phél.1975):
3. La puissance publique s'acquitte de ses obligations nominales envers ses prêteurs, mais la dépréciation de la monnaie prive ceux-ci d'une bonne partie du contenu réel de leurs créances. Univ. écon. et soc., 1960, p.50-3.
♦ Valeur nominale (d'une monnaie, d'un effet de commerce, d'une valeur mobilière). Valeur inscrite (sur la monnaie, l'effet de commerce, la valeur mobilière) correspondant à la valeur théorique d'émission et de remboursement et qui peut être différente de sa valeur actualisée. Synon. valeur* faciale.Quant aux monnaies divisionnaires, dont la valeur nominale est supérieure à la valeur intrinsèque par suite de l'abaissement du titre, la fabrication en est réservée à l'état (Shaw,Hist. monnaie, 1896, p.153).
Emploi subst. masc. Synon. de valeur nominale.C'est sur le nominal de l'obligation que l'on calcule les intérêts annuels (ou coupon) qui rémunèrent son porteur (Gestion fin.1979).
♦ Taux nominal. ,,Taux convenu entre le prêteur et l'emprunteur, et qui, appliqué à la valeur nominale de l'emprunt, détermine l'intérêt que l'emprunteur devra payer au prêteur. Synon. taux* (d'intérêt) facial, taux* apparent`` (Gestion fin. 1979). Anton. taux* actuariel.
b) INDUSTR., TECHNOL. [En parlant d'une grandeur] Qui figure dans la spécification d'une machine ou d'un appareil (d'apr. Siz. 1968). Régime nominal; puissance, tension, vitesse nominale. Le paquebot Mongolia, de la Compagnie péninsulaire et orientale, steamer en fer à hélice et à spardeck, jaugeant deux mille huit cents tonnes et possédant une force nominale de cinq cents chevaux (Verne,Tour monde, 1873, p.23).Trois réacteurs dont la production nominale en marche continue est d'environ un tiers de kilogramme de plutonium par jour (Goldschmidt,Avent. atom., 1962, p.117).
♦ Diamètre nominal (d'une tuyauterie, d'un appareil de robinetterie). Diamètre intérieur indiqué par les normes. Anton. diamètre* effectif (d'apr. Colas-Cab. 1968).
II. − LING. Qui concerne le nom (v. ce mot III); qui appartient au nom, à la catégorie du nom; qui a valeur de nom. Anton. verbal.Pluriel nominal; désinence, flexion nominale. Le complément (...) nominal (...) est celui qui se rattache à un terme nominal; le livre de Pierre, indigne de vivre (Marouzeau,Traité de styl. appliqué au lat., 1935, p.51).Les lexèmes nominaux sont groupés en classes, dont la motivation sémantique est plus ou moins nette selon les langues (Langage, 1968, p.307):
4. La forme substantive ou nominale renferme toujours l'idée d'existence; car, dire qu'une idée a tel nom, est nommée de telle manière, c'est dire implicitement qu'elle est, qu'elle existe. Destutt de Tr.,Idéol. 2, 1803, p.67.
♦ Phrase nominale
,,Phrase assertive dont le prédicat ne comporte ni verbe, ni copule`` (Ling. 1972). La phrase nominale se rencontre non seulement en indo-européen, en sémitique, en finno-ougrien, en bantou, mais encore dans les langues les plus diverses: sumérien, égyptien, caucasien, altaïque, dravidien, indonésien, sibérien, amérindien, etc. (Benveniste,Problèmes de ling. gén., Paris, Gallimard, 1966, p.151).
,,Phrase impérative, interrogative, emphatique sans verbe`` (Ling. 1972). ,,La phrase française Admirable, ce tableau! est une phrase emphatique nominale`` (Ling.1972).
♦ Syntagme nominal. Syntagme constitué d'un nom éventuellement précédé d'un déterminant, article, démonstratif, etc. et parfois accompagné d'un certain nombre d'expansions (d'apr. Ling. 1972 et Lar. encyclop. Suppl. 1975). Le nom est la «tête» du syntagme nominal (Ling.1972):
5. ... la langue scientifique et technique moderne recourt de moins en moins à une réduction logique des léxèmes à l'extrême, mais procède le plus souvent par fabrication de syntagmes nominaux de type périphrastique, et de noms formés d'abréviations (Laser, Unesco). Coyaud,Introd. ét. lang. docum., 1966, p.89.
♦ Formes nominales du verbe. Infinitif et participe qui jouent respectivement le rôle de nom et d'adjectif verbal et qui, pourvus de suffixes nominaux, sont impropres à exprimer la notion de personne (d'apr. Mar. Lex. 1951 et Ling. 1972).
♦ Expression nominale ou nominal, subst. masc. Mot ou périphrase susceptible de fonctionner comme un nom sans en prendre les caractérisations ou les déterminations. La personne qui parle est la 1repersonne. Elle se désigne par le mot moi (...), au pluriel nous. Cette sacoche est à moi. Moi, nous sont des nominaux (BrunotPensée1953).
− En partic., GRAMM. GÉNÉRATIVE, emploi subst. masc. Nom ou expression issu(e) d'une nominalisation (dér. 2 s.v. nominaliser) (d'apr. Ling. 1972).

Prononc. et Orth.: [nɔminal], plur. masc. [-o]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. I. Adj. A. 1. a) 1520 «qui se rapporte au mot, non à la chose désignée, dont l'existence se réduit à une désignation verbale» (Jean Falcon, Guidon en fr., F f. 12 ds Sigurs, p.360: connaissance reale et non nominale de la maladie); b) 1770 valeur nominale (Raynal, d'apr. Lar. Lang. fr.); 1823 (Boiste); 2. 1770 «qui concerne le nom» erreur nominale (Buffon, Hist. nat., Quadrup., t.6, 394 ds IGLF); 1789 appel nominal (d'apr. Frey, p.58). B. 1521 gramm. signification nominalle ou verballe (Fabri, Rhét., II, 22, Héron ds Delb. Notes mss); d'où 1966 phrase nominale (Benveniste, loc. cit.); d'où 1972 subst. gramm. générative (Ling.). II. Subst. plur. ca 1500 (Pronostication d'Habenragel, chap.12 ds Anc. poésies fr., éd. A. de Montaiglon, t.6, p.35). Empr. au lat. d'époque imp. nominalis «qui concerne le nom», dér. de nomen, v. nom; avait pris un sens spéc. dans la lang. de la scolast. qui est passé dans le mot fr. Fréq abs. littér.: 119. Bbg. Benveniste (E.). Fondements synt. de la comp. nominale. B. Soc. Ling. 1967, t.62, no1, pp.15-31. _ Mahmoudian (M.). Les Modalités nominales en fr. Paris, 1971, 280 p. _ Ouellet (J.). Contribution syntagmatique des unités nominales. Lang. Ling. 1978-1979, no4/5, pp.115-140. _ Quem. DDL t.15.


- Sources CNRTL / Universalis

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Différence entre "Dasein" et "Sein" 

[Pour Heidegger, Sein est l'être en général (ou lui-même) tandis que Dasein est le type d'être qui nous correspond. Une des particularités du Dasein est qu'il est l'être qui pose la question de l'être, à la fois le sien et celui des autres êtres (Seiendes).

Pour Hegel, Sein est l'Être pur sans aucune détermination, et Dasein est l'être déterminé. Dasein pour Hegel est différent de la conception de Heidegger.

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Dans un sens, Dasein est le sujet. Cependant, le terme "sujet" implique une relation à un "objet", et Dasein (en tant qu'être-dans-le-monde) est antérieur à toute distinction entre sujet et objet.

C'est à cause de la "transcendance" de Dasein, ce que Heidegger décrit comme un "saut par-dessus les êtres" vers le monde. Le monde, pour Heidegger, est un nexus référentiel qui lie tout ensemble et révèle les entités individuelles en tant que telles. Sans le monde, pense Heidegger, nous ne pouvons pas parler d'entités consistant en plus d'unités artificielles.

Donc, si vous deviez regarder un marteau comme quelque chose de simplement présent-à-portée-de-la-main, ce serait simplement une substance étendue, faite de matière, occupant une certaine quantité d'espace. Pourtant, nous pourrions décomposer ce marteau en ses parties, ses molécules et ses atomes, et nulle part nous ne pouvons trouver la chose unifiée de base avec laquelle nous traitons normalement. De telles unités ne peuvent être données que sur la base du monde, un nexus référentiel-relationnel qui réfère le marteau à d'autres choses.

Le monde est antérieur à la fois au sujet humain (le sens d'un "soi" de Dasein) et aux objets que nous rencontrons. (Même s'ils "existent" techniquement avant le monde, le monde permet d'abord de rencontrer quelque chose comme un objet).

Alors, c'est pourquoi Dasein diffère de la notion traditionnelle du sujet, même si Heidegger l'associe fortement à un sujet. Le sujet est quelque chose de "présent-à-portée-de-la-main", mais les choses ne peuvent être données comme présentes-à-portée-de-la-main que sur la base de quelque chose comme un monde.

Quant à la relation avec l'idéalisme, Heidegger se considère comme défendant un retour aux idées de la philosophie kantienne, car il croit que l'idéalisme allemand a fait une erreur en se débarrassant de la chose en soi. Heidegger préconise cependant une lecture métaphysique légèrement plus "réaliste" de Kant.

Fondamentalement, en affirmant que l'être ne se présente que dans l'horizon de la temporalité (ou plus tard, que l'être ne se présente que dans l'espace-temps quadridimensionnel qui s'ouvre dans l'appropriation de Dasein à l'Être dans l'Ereignis), Heidegger tente de ramener la philosophie à une position de finitude kantienne.

Pour Kant, l'être ne peut être compris conceptuellement que sur la base des conditions a priori de la sensibilité (le temps et l'espace). Puisque les concepts sans intuitions sont aveugles, toute application de concepts au-delà des intuitions spatio-temporelles reste simplement "nouménale", et nous ne pouvons pas connaître la chose en soi parce que toute connaissance théorique présuppose l'espace et le temps.

Pour Heidegger, la vérité ne se produit que dans le dévoilement de l'être appartenant à une époque historique (temporelle) particulière. Dasein ne peut pas "se cacher derrière lui-même", mais est déjà inscrit dans l'histoire et la temporalité, et doit vivre en avant à partir de cette position de "jeté".]

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[Heidegger explore le concept du néant, qui est la négation de tous les êtres et l'opposé de l'être lui-même.

Le néant ne peut être directement étudié ou appréhendé car toute tentative de l'étudier le transforme en un être.
Heidegger affirme que le néant est ontologiquement premier et permet la négation des êtres.
Les humains, en tant que Dasein, ont la capacité unique de comprendre et d'éclairer les êtres, les distinguant du néant.
L'angoisse, ou le sentiment d'inquiétante étrangeté (Unheimlichkeit), survient face à l'inconnu et révèle la présence du néant.
La conscience des êtres implique de les tenir dans le néant, les distinguant comme des êtres par opposition au néant environnant.
Le néant est nécessaire à l'existence des êtres comme entités séparées et à la survenue de la négation.
La métaphysique, y compris l'enquête scientifique, repose sur la négation de l'inconnu et la révélation des êtres à travers le néant.
Le Dasein transcende le monde physique et met les êtres au point à travers l'acte de négation.
Le néant et l'acte de négation sont fondamentaux à la compréhension humaine, à l'enquête métaphysique et à l'illumination des êtres.
Ainsi, la théorie de Heidegger sur la temporalité extatique (comme le montre clairement la discussion de Hegel à la fin de Être et Temps) est fondamentalement une tentative de faire revivre la finitude kantienne, et est en ce sens une sorte d'"idéalisme".]